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Ce qu'un maire doit savoir avant d'installer des bornes de recharge

Mis à jour le par la rédaction

Aucune loi n'oblige une commune à installer des bornes sur sa voirie, mais les parkings de plus de 20 places de ses bâtiments doivent en compter depuis le 1er janvier 2025. Pour le reste, trois voies principales s'offrent à elle : confier le projet au syndicat d'énergie, investir elle-même avec la prime Advenir de 30 %, ou laisser un opérateur financer les bornes en échange d'une redevance d'occupation du domaine public.

Illustration d'une mairie et de sa place équipée de bornes de recharge publiques, avec une voiture électrique en charge

Faire le point sur sa commune

Avant de parler d'investissement, il faut savoir d'où l'on part : combien de points de recharge sont déjà ouverts au public sur la commune, de quelle puissance, et à quelle distance des quartiers où les habitants n'ont ni garage ni place privée.

Notre annuaire des bornes de recharge publiques par commune donne, pour chaque station, l'adresse, la puissance, les prises, l'opérateur et les conditions d'accès, d'après la base nationale officielle. L'observatoire des bornes de recharge situe ensuite le département, avec des chiffres recalculés chaque mois.

Une station absente de cette base n'existe ni pour les applications de recharge, ni pour les statistiques. Si une borne posée par un commerce ou par le syndicat n'apparaît pas, demandez à son exploitant de publier ses données : c'est une obligation, détaillée plus bas.

Les six questions à régler avant toute décision

État des lieux : où trouver les réponses
QuestionOù chercherPourquoi
Combien de points publics, de quelle puissance, où ?Page de la commune sur notre annuaireNe pas doubler une station existante
La compétence a-t-elle été transférée ?Délibérations passées, statuts du syndicat ou de l'intercommunalitéSi oui, c'est cette structure qui crée le réseau public
Un schéma directeur couvre-t-il la commune ?Syndicat d'énergie, intercommunalitéLes emplacements y sont souvent déjà prévus
Quels parkings municipaux dépassent 20 places ?Services techniquesIls relèvent d'une obligation
Où vivent les foyers sans place privée ?Terrain, bailleurs sociaux, syndicsIls dépendent de la recharge publique la nuit
Un opérateur a-t-il déjà écrit à la mairie ?Courriers reçus, service voirieSa proposition impose une publicité avant toute réponse

Ce que la loi impose, et ce qu'elle n'impose pas

Pour la voirie, la commune n'a aucune obligation : installer des bornes dans les rues relève d'un choix. Certains parkings sont en revanche soumis à des règles, et toute borne ouverte au public entraîne des exigences précises.

Les obligations qui concernent une commune
SituationCe qui est exigéÉchéance
Voirie communaleRien. La commune peut créer des bornes si l'offre existante est inexistante, insuffisante ou inadéquateSans objet
Parking de plus de 20 places d'un bâtiment non résidentiel existant (mairie, gymnase, médiathèque)Un point par tranche de 20 places, dont un accessible aux personnes à mobilité réduiteDepuis le 1er janvier 2025
Parc de stationnement de plus de 20 places en régie, en délégation ou en marché publicAu moins un point sur une place dimensionnée pour les personnes à mobilité réduite1er janvier 2025 au plus tard, ou renouvellement du contrat
Bâtiment neuf ou rénovation importantePré-équipement d'une partie des places, points accessiblesSelon la date du permis
Point ouvert au publicPaiement sans abonnement, prix affiché, données publiées, installateur qualifiéPoints installés depuis le 13 avril 2024 pour le paiement

La compétence de la commune

Ce que dit la loi

Les communes peuvent créer, entretenir et exploiter des infrastructures de charge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables, en cas d'inexistence, d'insuffisance ou d'inadéquation de l'offre sur leur territoire. Elles peuvent transférer cette compétence à un établissement public de coopération intercommunale, à l'autorité organisatrice de la distribution d'électricité ou à une autorité organisatrice de la mobilité. Les métropoles et les communautés urbaines l'exercent de plein droit.

Article L2224-37 du Code général des collectivités territoriales ; articles L5217-2 et L5215-20 du même code

Cette condition n'empêche pas d'agir là où un supermarché a déjà ses bornes. Mais la délibération a intérêt à expliquer pourquoi l'offre existante ne suffit pas : bornes fermées la nuit, réservées aux clients, éloignées des quartiers d'immeubles ou trop peu nombreuses.

Les parkings des bâtiments et des parcs communaux

Ce que dit la loi

Les bâtiments non résidentiels existants dont le parc de stationnement compte plus de vingt emplacements disposent, depuis le 1er janvier 2025, d'au moins un point de recharge par tranche de vingt emplacements, dont un accessible aux personnes à mobilité réduite. Les parcs de stationnement de plus de vingt emplacements gérés en délégation de service public, en régie ou par marché public comportent, au plus tard à cette date ou au renouvellement du contrat, au moins un point de recharge sur un emplacement dimensionné pour ces personnes.

Article L113-13 du Code de la construction et de l'habitation ; article 64, VI, de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités

Une mairie dont le parking compte 45 places doit donc offrir au moins deux points, dont un accessible. Des dérogations existent quand les travaux en amont coûteraient plus cher que les bornes elles-mêmes. Pour le pré-équipement des bâtiments neufs, voir obligations des parkings non résidentiels.

Si les bornes sont ouvertes au public

  • Paiement et prix : le règlement européen AFIR impose, pour les points installés depuis le 13 avril 2024, une recharge ponctuelle sans abonnement et un prix affiché avant la session. Sous 50 kW, un paiement en ligne sécurisé, par QR code par exemple, suffit ; à partir de 50 kW, la carte bancaire doit être acceptée sur place.
  • Qualification : tout point ouvert au public doit être posé par une entreprise qualifiée IRVE, même à 3,7 kW ou moins, en pratique de niveau P2, ou P3 pour le courant continu (voir qualification IRVE).
  • Consuel : hors habitation, une infrastructure de plus de 36 kW n'est mise en service qu'avec une attestation de conformité visée par le Consuel, complétée sur le domaine public par le rapport d'un organisme d'inspection.
  • Accessibilité en voirie : un arrêté publié au Journal officiel le 31 octobre 2023 fixe la part minimale de places équipées accessibles aux personnes à mobilité réduite, qui restent ouvertes à tous. Il prévoit deux séries de taux, la seconde applicable depuis le 1er janvier 2026 : faites vérifier le décompte par le maître d'œuvre.

Ce que dit la loi

L'aménageur d'une station de recharge ouverte au public, ou la personne qu'il désigne, met en ligne les données de localisation et les caractéristiques techniques de la station dans un délai d'un mois suivant sa mise en service, selon le schéma de données publié sur la plateforme ouverte des données publiques.

Arrêté du 4 mai 2021 relatif aux données concernant la localisation géographique et les caractéristiques techniques des stations et des points de recharge pour véhicules électriques

Qui fait quoi

Les acteurs d'un projet de bornes
ActeurSon rôle
La communeDétient la compétence sauf transfert, possède la voirie et les parkings, réserve les places par arrêté, choisit les emplacements
L'intercommunalitéCompétente de plein droit dans les métropoles et communautés urbaines, ailleurs par transfert ; son plan de mobilité peut tenir lieu de schéma directeur
Le syndicat départemental d'énergieReçoit souvent la compétence, porte un réseau départemental, élabore le schéma directeur, organise des achats groupés
Les opérateurs de rechargeInstallent, exploitent et facturent les bornes, pour leur compte ou celui d'une collectivité
Enedis, ou l'entreprise locale de distributionRaccorde les bornes ; ne peut ni posséder ni exploiter de points de recharge
La préfectureInstruit la DSIL, la DETR et le fonds vert
Le programme AdvenirVerse la prime pour les points ouverts au public en voirie

Le schéma directeur

Le schéma directeur des infrastructures de recharge ouvertes au public, ou SDIRVE, est prévu par l'article L353-5 du Code de l'énergie. Facultatif, il dresse un état des lieux, chiffre les besoins, fixe des objectifs et un calendrier. Souvent élaboré par le syndicat d'énergie, il couvre en principe les communes qui lui ont transféré la compétence. Demandez-en la version adoptée : si votre commune y figure, la discussion part de là.

La procédure est décrite dans bornes de recharge et collectivités.

Les cinq montages possibles

Aucun montage n'est bon dans l'absolu. Tout dépend de la taille de la commune, de ses moyens techniques, de l'intérêt des emplacements pour un opérateur et de la maîtrise que le conseil veut garder sur le tarif.

Schéma comparant trois montages pour installer des bornes publiques dans une commune : transfert au syndicat d'énergie, maîtrise d'ouvrage communale, convention d'occupation avec un opérateur
Une commune peut transférer la compétence au syndicat d'énergie, porter elle-même le projet ou confier un emplacement à un opérateur qui finance tout.
Comparatif des montages
MontageQui investitQui fixe le tarifPour quelle commune
Transfert au syndicat d'énergieLe syndicat, avec une participation communale variableLe syndicatPetites et moyennes communes
Maîtrise d'ouvrage communaleLa communeLe conseil municipalCommunes qui veulent garder la main
Concession ou délégationL'opérateur, en tout ou partieL'opérateur, dans le cadre du contratVilles moyennes, groupements
Convention d'occupation du domaine publicL'opérateurL'opérateurSites attractifs : centre, axes, commerces
Bornes pour les agents et la flotteLa communeSans objetToute commune qui électrifie ses véhicules

1. Transférer la compétence au syndicat d'énergie

C'est la voie la plus fréquente hors des grandes villes. Le syndicat passe les marchés, suit les travaux, fait superviser et entretenir les bornes, encaisse les recettes et applique un tarif commun à son réseau.

La commune choisit avec lui les emplacements et met le terrain à disposition.

Le transfert ne veut pas dire gratuité, et les règles varient fortement d'un syndicat à l'autre.

Dans une commune d'Ille-et-Vilaine, la convention avec le SDE35 pour une borne et deux places prévoit 23 100 € HT. Le syndicat en finance 20 %, soit 4 620 €, la commune 18 480 € HT ; le SDE35 reste propriétaire, assure raccordement, maintenance et exploitation, sans redevance, et la commune garantit l'accès permanent aux places. Dans l'Ain, le SIEA subventionne 75 % du coût d'une borne semi-rapide (fourniture, pose, raccordement simple, signalisation), sur une base plafonnée à 30 000 € HT et dans la limite de 22 000 € HT par commune. Le reste est versé par la commune en fonds de concours, prévu par l'article L5212-26 du Code général des collectivités territoriales.

Demandez ces règles par écrit avant de délibérer. Revers de la médaille : la commune ne fixe plus le tarif, et son calendrier dépend du programme du syndicat.

2. Porter le projet en maîtrise d'ouvrage communale

La commune achète les bornes par un marché de fourniture et pose, complété par un contrat de supervision et de maintenance. Elle en est propriétaire, vote le tarif et perçoit les recettes, en général par l'intermédiaire du prestataire qui les reverse. La prime Advenir de 30 % s'applique en voirie. Il faut que la compétence n'ait pas été transférée et accepter le risque d'usage : une borne peu utilisée coûte quand même son abonnement et sa maintenance.

3. Concéder ou déléguer le service

La collectivité confie à un opérateur la construction et l'exploitation d'un réseau, à ses risques. Le contrat fixe les sites, la disponibilité, l'encadrement des tarifs, les données et le sort des bornes à l'échéance. La procédure relève du Code de la commande publique et prend plusieurs mois : elle se pratique surtout à l'échelle d'une ville moyenne, d'une intercommunalité ou d'un syndicat.

4. Signer une convention d'occupation avec un opérateur qui finance tout

De nombreux opérateurs proposent aux mairies d'installer des bornes à leurs frais sur un parking ou en voirie. Ils les exploitent commercialement, fixent leurs prix et versent une redevance. Ce n'est pas un service public : la commune autorise une activité économique sur son domaine.

Ce que dit la loi

Lorsqu'un titre permet d'occuper le domaine public en vue d'une exploitation économique, la collectivité organise une procédure de sélection préalable comportant des mesures de publicité. Face à une manifestation d'intérêt spontanée, elle peut délivrer le titre après une publicité suffisante pour vérifier qu'aucun concurrent n'est intéressé. Toute occupation donne lieu, sauf exceptions, à une redevance qui tient compte des avantages de toute nature procurés à l'occupant.

Articles L2122-1-1, L2122-1-4, L2125-1 et L2125-3 du Code général de la propriété des personnes publiques

Si l'opérateur vous sollicite, vous publiez un avis pour vérifier qu'aucun autre n'est intéressé. Une commune de l'Ain l'a fait en 2024 pour 12 bornes sur 10 sites.

Si un concurrent se manifeste, il faut organiser une sélection en bonne et due forme.

Vous pouvez aussi prendre l'initiative avec un appel à manifestation d'intérêt. Une commune du Bas-Rhin a ainsi mis en concurrence en 2024, pour 12 ans, 75 m² sur le parking d'un complexe sportif, plus 3 m² pour un poste de transformation. Redevance minimale : 5 000 € par an les quatre premières années, 10 000 € les quatre suivantes, puis 20 000 €, forfaitaire ou en pourcentage du chiffre d'affaires hors énergie. Les offres étaient notées à 75 % sur la redevance et à 25 % sur l'ouverture du parking.

Avantages

  • Aucun investissement communal
  • Une recette annuelle
  • Maintenance et assistance à la charge de l'opérateur

Limites

  • L'opérateur choisit ses prix
  • Seuls les sites rentables l'intéressent
  • Engagement long : 12 ans dans l'exemple du Bas-Rhin
  • Sort des bornes à prévoir en fin de convention

Une redevance élevée se retrouve en partie dans le prix du kWh payé par les habitants. Pour une borne de quartier, mieux vaut peser aussi, dans les critères, le prix proposé aux usagers et la disponibilité garantie.

5. Équiper un parking communal pour les agents et la flotte

Les véhicules des services rentrent chaque soir au même endroit. Des bornes de 7,4 kW pilotées, qui se partagent la puissance du bâtiment, suffisent pour quelques dizaines de kilomètres par jour. Selon les prix observés pour les parkings d'entreprise, comptez 1 500 à 3 000 € HT par point posé. Les barèmes Advenir en vigueur ne prévoient pas de ligne pour les flottes de véhicules légers. Si la commune ouvre ensuite ces bornes aux habitants le soir, elles deviennent accessibles au public, avec les obligations vues plus haut.

Les financements réellement ouverts

Point vérifié en octobre 2026. Ne retenez dans un plan de financement que ce qui suit, et faites confirmer chaque ligne par écrit.

Les financements mobilisables par une commune
FinancementCe qu'il couvreMontant
Prime Advenir, voiriePoints ouverts au public en voirie, de plus de 3,7 kW30 %, plafond de 1 000 à 9 000 € HT par point selon la puissance
Prime Advenir, deux-rouesPoints pour deux-roues motorisés en voirie30 %, plafond de 1 000 € HT par point
DSIL et DETRInvestissements prioritaires ; bornes non citées expressément en 2026Selon l'arbitrage préfectoral
Fonds vert15 mesures en 2026, aucune dédiée aux bornes837 M€ au niveau national
Syndicats d'énergieSelon le règlement de chaque syndicatDe 20 % à 75 % dans nos deux exemples
Banque des TerritoiresParticipation minoritaire dans une société qui porte des bornesSelon le projet
Réfaction du raccordementPart du raccordement couverte par le tarif de réseau40 % en droit commun

La prime Advenir pour la voirie

Le programme Advenir, financé par les certificats d'économies d'énergie et porté par l'Avere-France, finance 30 % des coûts des points ouverts au public en voirie, avec un plafond de 1 000 à 9 000 € HT par point selon la puissance (barème mis à jour le 1er avril 2026). Il court jusqu'en 2027 dans la limite de son budget, et la DGITM le cite toujours parmi les soutiens aux collectivités en juin 2026.

Le cahier des charges voirie du 1er juillet 2025 impose une puissance supérieure à 3,7 kW, des prises Type 2 en alternatif et Combo 2 en continu, un lecteur de badge sans contact, une capacité de pilotage, un certificat d'interopérabilité Gireve ou Hubject et l'enregistrement des données sur data.gouv. La demande passe par un installateur qualifié IRVE, avant les travaux.

Détails dans notre dossier prime Advenir, barèmes sur advenir.mobi.

DSIL et DETR

Une circulaire du 1er avril 2026 fixe les règles d'emploi des dotations d'investissement. Selon la Banque des Territoires, l'État leur consacre 2 milliards d'euros en 2026, plus 837 millions pour le fonds vert, avec la transition écologique comme axe prioritaire : la cible de soutien à ces projets est de 35 % pour la DSIL et 25 % pour la DETR.

Les bornes n'y sont pas citées expressément. La plaquette de juin 2026 de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM) mentionne, pour la DSIL, les « projets de mobilité tous modes ». Pour la DETR, ce sont les catégories arrêtées dans chaque département qui comptent.

Interrogez la sous-préfecture avant de monter un dossier.

Attention : une opération déjà commencée n'est en principe plus subventionnable par l'État. Déposez les demandes de DSIL ou de DETR, comme la demande Advenir, avant de signer les marchés de travaux. La commune maître d'ouvrage doit aussi, en principe, garder au moins 20 % du financement à sa charge.

Quant au fonds vert, sa mesure mobilité de 2026 finance des plans de mobilité simplifiés et des services de proximité portés par les autorités organisatrices de la mobilité des intercommunalités rurales ou intermédiaires, et son volet qualité de l'air vise les agglomérations de plus de 150 000 habitants. Pour des bornes communales, ce n'est pas la bonne porte.

Les aides des syndicats : un exemple de calcul

Prenons la règle du SIEA, appliquée par une commune de l'Ain en septembre 2025 : 75 % du coût hors taxes, sur une base plafonnée à 30 000 € HT, dans la limite de 22 000 € HT par commune.

  1. Station à 28 000 € HT La subvention vaut 75 %, soit 21 000 €, sous le plafond. La commune verse 7 000 € HT.
  2. Station à 34 000 € HT La base est plafonnée à 30 000 €. Les 75 % donneraient 22 500 €, ramenés à 22 000 €. La commune verse 12 000 € HT.

Avec une aide de 20 %, comme dans l'exemple du SDE35, la station à 28 000 € HT laisserait 22 400 € HT à la commune, plus de trois fois plus. La règle du syndicat pèse autant que le prix des bornes.

Recevoir des propositions pour votre commune

Pour chiffrer les options avant de délibérer, décrivez votre projet : des opérateurs et installateurs qualifiés de votre département vous adressent leurs propositions. La démarche n'engage pas la commune et ne remplace pas la mise en concurrence prévue par les textes.

Choisir les emplacements et les puissances

La puissance suit la durée de stationnement. Une borne rapide devant des immeubles où les voitures dorment huit heures coûte cher pour rien ; une borne de 7 kW sur une aire de passage ne sert à personne.

Quelle puissance pour quel emplacement
EmplacementStationnement habituelPuissance adaptée
Quartier d'immeublesLa nuit, 8 à 12 heures7 à 11 kW en alternatif
Mairie, médiathèque, équipements sportifs1 à 3 heures11 à 22 kW en alternatif
Centre-bourg et commerces30 minutes à 2 heures22 kW, ou rapide si le passage est fort
Grand axe, zone commerciale20 à 45 minutes50 kW et plus en continu, souvent via un opérateur
Centre technique municipalLa nuit7,4 kW pilotée, réservée à la flotte

Une voiture dont le chargeur embarqué est limité à 7,4 kW chargera à cette vitesse sur une borne de 22 kW. Sur une place occupée la nuit, une puissance modérée suffit et réduit la puissance à raccorder.

Regardez ensuite la proximité du réseau. Quelques dizaines de mètres de tranchée peuvent coûter plus cher que la borne, d'où l'intérêt de faire estimer le raccordement de chaque site. Équiper des places existantes évite de supprimer du stationnement, sujet sensible pour les riverains. Une borne cachée reste vide, et un lieu sombre décourage la recharge de nuit.

Deux vérifications encore : l'accessibilité (place adaptée, cheminement praticable, commandes atteignables depuis un fauteuil) et la couverture mobile, puisqu'une borne supervisée communique en permanence.

Commencez par deux ou trois stations de deux points et mesurez l'usage pendant un an avant d'étendre. Prenez un arrêté qui réserve les places aux véhicules en recharge, avec signalisation et marquage : sans lui, les voitures thermiques les occuperont.

Combien ça coûte

Ces ordres de grandeur viennent de conventions et d'offres réelles de collectivités. Ils servent à cadrer un budget, pas à remplacer un devis.

Ordres de grandeur pour une commune
PosteOrdre de grandeurOrigine du chiffre
Borne de deux points en voirie, raccordement simple et signalisation comprisDe l'ordre de 23 000 à 30 000 € HT23 100 € HT au SDE35, base plafonnée à 30 000 € HT au SIEA
Point en alternatif pour la flotte1 500 à 3 000 € HTPrix observés en parking d'entreprise
Borne rapide en continuPlusieurs dizaines de milliers d'eurosHors raccordement
Raccordement de 120 kVA avec 160 m de réseau28 700 € HT avant réfaction, 17 700 € HT aprèsOffre d'Enedis à une commune de Haute-Savoie, mai 2026
Exploitation annuelleÀ chiffrer dans la consultationÉlectricité, abonnement, supervision, maintenance, assurance

Exigez un coût complet sur la durée de vie des bornes : une offre d'achat basse peut cacher une supervision chère.

La redevance d'occupation

Elle comprend en général une part fixe, liée à la valeur de l'emplacement, et peut comporter une part variable sur le chiffre d'affaires ou le résultat. Aucun barème national ne s'impose. Les 5 000 à 20 000 € par an de l'exemple du Bas-Rhin portent sur un site doté de son propre poste de transformation : pour une ou deux bornes de quartier, les montants sont sans commune mesure.

Raccordement et délais

Le raccordement est le poste le plus imprévisible, en coût comme en délai. Il est réalisé par Enedis, ou par l'entreprise locale de distribution là où il en existe une. L'offre adressée par Enedis à une commune de Haute-Savoie en mai 2026, pour un point de livraison de 120 kVA, en donne le déroulé. Son usage n'est pas précisé, mais les étapes seraient les mêmes pour une station de cette puissance :

  • offre valable 3 mois ;
  • 3 mois après acceptation pour les travaux d'accueil de la commune, tranchée et emplacement du compteur ;
  • 16 semaines de travaux pour Enedis ;
  • montant révisé si les travaux ne sont pas achevés 6 mois après l'envoi de l'offre ;
  • mise en service après paiement du solde, attestation du Consuel et contrat de fourniture.

La commune y était dispensée d'acompte, mais devait émettre un ordre de service. Comptez environ six mois entre l'offre et la mise à disposition, plus le temps de l'étude et de la consultation.

Bon à savoir : une borne pilotée permet souvent de demander un raccordement plus modeste, donc moins cher et plus rapide. Un nouveau barème de facturation des raccordements d'Enedis, approuvé par la Commission de régulation de l'énergie en juillet 2026, s'applique à partir du 28 octobre 2026 : faites actualiser tout chiffrage ancien.

La réfaction, part du raccordement couverte par le tarif de réseau, est de 40 % en droit commun. Le taux bonifié de 75 % pour les bornes inscrites dans un schéma directeur visait les demandes complètes reçues avant le 31 décembre 2025 : pour un dossier déposé aujourd'hui, demandez à Enedis le taux appliqué.

Tarif, maintenance et supervision

Fixer le tarif

En maîtrise d'ouvrage communale, le conseil vote le tarif : au kWh, à la durée, ou les deux. Une formule courante facture le kWh et ajoute un montant à la minute au-delà d'une durée donnée, contre les voitures ventouses. La nuit, en quartier d'immeubles, cette pénalité n'a pas de sens. La recharge publique en alternatif se paie en général 0,35 à 0,55 € le kWh. La gratuité fait payer l'électricité par le budget communal et prive de recettes pour la maintenance.

Supervision et maintenance

Une borne publique est supervisée à distance : suivi des sessions, redémarrage, assistance téléphonique, encaissement. La maintenance est réservée à des professionnels qualifiés, et un arrêté du 27 octobre 2021 fixe des engagements de qualité de service pour les bornes ouvertes au public. Dans le contrat, écrivez noir sur blanc :

  • le taux de disponibilité attendu et les pénalités en dessous ;
  • le délai d'intervention après une panne ;
  • la prise en charge du vandalisme et des chocs ;
  • l'itinérance, pour accepter les badges des principaux fournisseurs ;
  • la publication des données, disponibilité en temps réel comprise ;
  • un rapport d'usage remis à la commune au moins une fois par an.

Calendrier type, de l'idée à la mise en service

Pour deux ou trois stations portées par la commune ou son syndicat, comptez 12 à 18 mois. Une convention avec un opérateur raccourcit la consultation, une concession l'allonge.

Calendrier type d'un projet de bornes publiques dans une commune, de l'état des lieux à la mise en service, sur 12 à 18 mois
Pour deux ou trois stations portées par la commune ou son syndicat, comptez 12 à 18 mois entre l'état des lieux et la mise en service.
  1. État des lieux (mois 1) Bornes existantes, parkings de plus de 20 places, quartiers sans stationnement privé, demandes reçues.
  2. Rendez-vous avec le syndicat (mois 1 et 2) Compétence, schéma directeur, règles de participation, calendrier.
  3. Choix du montage (mois 2 et 3) Comparaison chiffrée, sondage d'opérateurs et d'installateurs.
  4. Délibération de principe (mois 3 ou 4) Montage, sites, autorisation de demander les aides et de signer.
  5. Études et demandes d'aides (mois 4 et 5) Étude de raccordement, DSIL ou DETR, Advenir, toujours avant les travaux.
  6. Consultation (mois 5 à 8) Marché, avis de publicité ou concession, analyse et attribution.
  7. Raccordement et travaux (mois 8 à 14) Offre d'Enedis acceptée, travaux d'accueil, pose, Consuel au-delà de 36 kW.
  8. Mise en service (mois 12 à 15) Tarif affiché, arrêté de stationnement, signalisation, données publiées dans le mois.
  9. Suivi (chaque année) Usage, pannes, recettes. Une station saturée justifie un second point, une station vide un déplacement.

La check-list de la délibération

La rédaction reste celle de vos services ou de votre conseil juridique, mais la délibération qui lance le projet gagne à couvrir ces points :

  • le visa de l'article L2224-37 du Code général des collectivités territoriales, et des statuts du syndicat en cas de transfert ;
  • l'offre existante et le besoin constaté, quartier par quartier ;
  • le montage retenu, sa durée et sa justification ;
  • les emplacements, avec un plan en annexe ;
  • le plan de financement et l'autorisation de solliciter Advenir, la DSIL ou la DETR et le syndicat ;
  • le tarif en régie, ou les conditions de la redevance en occupation du domaine public ;
  • les conditions d'accès : horaires, accessibilité, paiement ;
  • l'autorisation de signer les conventions avec le syndicat, Enedis ou l'opérateur ;
  • les crédits d'investissement et de fonctionnement ;
  • le sort des bornes en fin de contrat.

Les erreurs à éviter

  • Accorder un emplacement au premier opérateur venu sans publicité : le titre est fragile et contestable.
  • Commencer les travaux avant les demandes d'aides : Advenir, DSIL et DETR exigent un dépôt préalable.
  • Surdimensionner la puissance là où l'on stationne la nuit : raccordement plus cher, service identique.
  • Oublier le raccordement : il peut égaler le prix des bornes.
  • Ignorer le syndicat : une station à 200 m d'une borne prévue dans son programme, c'est payer deux fois.
  • Signer sans clause de disponibilité : une borne en panne un mois décrédibilise tout le projet.
  • Ne pas vérifier la publication des données : une borne invisible dans les applications reste vide.

Informer les habitants

Les questions arrivent en mairie dès les premières bornes : recharger en maison, en copropriété, en location, éviter les démarcheurs. Notre dossier pratique pour les habitants y répond de façon neutre et se termine par deux textes prêts à publier. Affiche et article au nom de votre commune sont dans l'espace mairies.

Pour un projet en préparation, décrivez vos sites et vos contraintes : vous recevrez des propositions chiffrées.

Questions fréquentes

Une commune est-elle obligée d'installer des bornes de recharge ?

Pas sur sa voirie : c'est un choix. En revanche, le parking d'un bâtiment communal existant de plus de 20 places doit offrir, depuis le 1er janvier 2025, au moins un point de recharge par tranche de 20 places, dont un accessible aux personnes à mobilité réduite. Les parcs de stationnement de plus de 20 places gérés en régie ou en délégation doivent aussi compter au moins un point accessible.

Comment installer des bornes de recharge dans sa commune sans payer ?

En signant une convention d'occupation du domaine public avec un opérateur qui finance l'installation et l'exploitation, et verse une redevance. La commune doit d'abord publier un avis pour permettre à d'autres opérateurs de se manifester. En contrepartie, l'opérateur fixe ses prix et ne s'intéresse qu'aux emplacements rentables.

Quelle subvention pour une borne de recharge dans une commune ?

La prime Advenir finance 30 % des coûts des points ouverts au public sur la voirie, dans la limite de 1 000 à 9 000 € HT par point selon la puissance. Le syndicat d'énergie peut ajouter sa propre aide, de 20 % à 75 % dans les exemples relevés. La DSIL et la DETR ne citent pas expressément les bornes : interrogez la préfecture avant de déposer un dossier.

Combien coûte une borne de recharge pour une commune ?

Pour une borne de deux points en voirie, raccordement simple et signalisation compris, des conventions récentes de syndicats d'énergie retiennent de l'ordre de 23 000 à 30 000 € HT. Une borne rapide en courant continu coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros. Le raccordement alourdit fortement la facture quand le réseau doit être étendu.

Combien de temps pour installer une borne publique dans une commune ?

Comptez en général 12 à 18 mois entre l'état des lieux et la mise en service pour un projet porté par la commune. Le raccordement prend souvent à lui seul environ six mois après l'offre d'Enedis, travaux d'accueil compris. Une convention avec un opérateur peut être plus rapide, une concession plus longue.

Qui entretient les bornes de recharge d'une commune ?

Celui qui les exploite : le syndicat d'énergie après un transfert, l'opérateur dans une concession ou une convention d'occupation, ou un prestataire de supervision et de maintenance si la commune les possède. La maintenance doit être confiée à des professionnels qualifiés, et le contrat doit fixer un taux de disponibilité et un délai d'intervention.

Sources et textes de référence

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