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Recharger sa voiture électrique avec ses panneaux solaires

Mis à jour le par la rédaction

Une borne à mode solaire envoie dans la voiture le surplus de vos panneaux, mais elle ne démarre qu'à partir d'environ 1,4 kW de surplus en monophasé. Avec 3 kWc, une belle journée d'été rend de l'ordre de 50 km d'autonomie, à condition que la voiture soit branchée en journée. Pour un actif absent la semaine, 3 kWc couvrent de l'ordre de 15 à 20 % de la recharge annuelle.

Illustration d'une maison équipée de panneaux solaires sur le toit et d'une borne de recharge, avec une voiture électrique branchée en journée

Comment fonctionne la recharge solaire

Vos panneaux produisent en journée. La maison consomme une partie de cette production, et le reste, le surplus, part sur le réseau. Une borne à mode solaire mesure ce surplus en continu, grâce à une pince posée sur l'arrivée électrique ou à une liaison avec l'onduleur, et règle la puissance de recharge pour l'absorber. La limite vient de la communication entre la borne et la voiture : elle ne descend pas sous 6 ampères par phase. Une recharge solaire démarre donc à environ 1,4 kW en monophasé, et à environ 4,2 kW en triphasé.

Schéma d'une recharge solaire : panneaux, onduleur, pince de mesure sur l'arrivée et borne qui suit le surplus, avec la courbe de production d'une journée de juin
Recharge solaire : la borne mesure le surplus des panneaux et ne charge qu'au-delà d'environ 1,4 kW, soit environ 10 kWh une belle journée de juin avec 3 kWc.

Trois modes de fonctionnement existent. En mode 100 % solaire, la borne ne charge que si le surplus dépasse le seuil, et s'arrête dès qu'un nuage passe ou que le four s'allume. En mode mixte, elle maintient au moins 1,4 kW et complète avec le réseau quand le surplus manque : la recharge est plus régulière, mais une partie des kWh est achetée. Le complément en heures creuses finit la charge la nuit si le soleil n'a pas suffi.

Attention : en triphasé, un surplus de 4,2 kW est rare avec une petite installation. Certaines bornes basculent automatiquement en monophasé quand le surplus baisse : si votre maison est en triphasé, vérifiez cette fonction avant d'acheter.

Quelles bornes proposent un mode solaire

Plusieurs fabricants le proposent, parmi lesquels myenergi (Zappi), Wallbox, Fronius ou go-e. Le mode solaire suppose une borne pilotable, donc de gamme connectée : comptez 700 à 1 200 € pour le matériel, contre 400 à 700 € pour une wallbox d'entrée de gamme, plus la pose.

Le point à vérifier est la mesure du surplus. Certaines bornes s'appuient sur leur propre pince, d'autres sur l'onduleur ou le gestionnaire d'énergie d'une marque précise. Demandez à l'installateur de confirmer la compatibilité avec votre onduleur avant de signer.

Bon à savoir : pour bénéficier de la TVA à 5,5 % sur des panneaux de 9 kWc au plus, l'installation doit notamment comprendre un gestionnaire d'énergie qui pilote au moins deux usages. La borne peut être l'un d'eux : prévoyez les deux équipements ensemble.

Exemple chiffré : 3 kWc, une belle journée de juin

En France métropolitaine, 1 kWc de panneaux produit en moyenne 900 à 1 400 kWh par an selon la région. Le calcul avance pas à pas, avec des hypothèses prudentes que vous pouvez adapter à votre cas.

  1. Production de l'installation 3 kWc orientés plein sud, dans une région à 1 200 kWh par kWc et par an, produisent environ 3 600 kWh par an, soit 10 kWh par jour en moyenne. Une belle journée de juin, la production atteint de l'ordre de 16 à 17 kWh, avec un pic vers midi rarement supérieur à 2,4 kW une fois les pertes et l'échauffement des panneaux déduits.
  2. Consommation de la maison En journée, réfrigérateur, box internet, ventilation et veilles consomment en continu. Nous retenons 0,3 kW : le surplus atteint donc environ 2,1 kW à midi.
  3. Passage du seuil Pour que la borne charge en mode 100 % solaire, il faut au moins 1,4 kW de surplus, donc une production de 1,7 kW. Par beau temps en juin, ce seuil est dépassé environ 5 h 30 en milieu de journée.
  4. Énergie envoyée dans la voiture Sur ce créneau, le surplus moyen tourne autour de 1,8 kW. La voiture reçoit environ 10 kWh. Le reste de la production, le matin et en fin de journée, part sur le réseau ou sert à la maison.
  5. Kilomètres récupérés Avec une voiture qui consomme 17 kWh aux 100 km, pertes de recharge de 10 % comprises, 10 kWh rendent environ 50 km.

En hiver, une installation de 3 kWc dépasse à peine le seuil autour de midi. Avec 6 kWc, le surplus reste au-dessus de 1,4 kW une bonne partie de la journée, même en hiver par beau temps.

Énergie solaire envoyée dans la voiture, borne monophasée en mode 100 % solaire (estimations de la rédaction, hypothèses ci-dessus)
InstallationBelle journée d'étéBelle journée d'hiverJournée couverte
3 kWc8 à 11 kWh, soit 40 à 60 km0 à 3 kWh, soit 0 à 15 kmPresque rien : le seuil n'est pas atteint
6 kWc20 à 28 kWh, soit 100 à 150 km si la batterie a la place8 à 11 kWh, soit 40 à 60 kmQuelques kWh, surtout en mode mixte

Pour votre adresse, le simulateur européen PVGIS donne la production mois par mois selon l'orientation et l'inclinaison du toit.

De quoi refaire ce calcul avec vos propres chiffres.

La part solaire sur une année : le point faible

Le calcul précédent suppose une voiture garée à la maison en plein jour. C'est rarement le cas d'un actif qui part au travail en voiture. Pour un foyer qui roule 12 000 km par an, soit environ 2 270 kWh prélevés au compteur, la part de recharge solaire dépend d'abord de la présence de la voiture.

Part de la recharge annuelle couverte par le solaire, 12 000 km par an (ordres de grandeur calculés par la rédaction)
Profil3 kWc6 kWc
Voiture absente en journée du lundi au vendredienviron 15 à 20 %environ 35 à 45 %
Voiture à la maison la plupart des jours (télétravail, retraite)environ 40 à 55 %environ 70 à 80 %

Rentabilité, chiffres à l'appui

Depuis le 5 juin 2026, le surplus des nouvelles installations n'est plus racheté que 0,011 € HT par kWh. Chaque kWh solaire envoyé dans la voiture plutôt que sur le réseau évite d'acheter un kWh à 0,1589 € en heures creuses, et ne fait perdre que ces 0,011 € de revente : le gain net est d'environ 0,15 € par kWh au tarif actuel. Pour une installation plus ancienne, dont le surplus est racheté autour de 0,04 €, il est un peu plus faible.

Avec 3 kWc et une voiture absente la semaine, environ 340 à 450 kWh solaires par an finissent dans la batterie, soit 50 à 70 € d'économie. Si la voiture est souvent à la maison, on passe à 900 à 1 250 kWh, 130 à 190 € par an. Avec 6 kWc dans ce même cas, environ 1 600 à 1 800 kWh, soit 235 à 270 € par an.

Le surcoût d'une borne à mode solaire par rapport à une wallbox simple tourne autour de 300 à 500 € pour le matériel. Il se rembourse en 2 à 4 ans si la voiture est souvent branchée en journée, en 4 à 10 ans si elle ne l'est que le week-end. Si vous rechargiez jusque-là en option Base à 0,1985 €, le gain par kWh est un peu plus élevé.

Avantages

  • Le kWh solaire consommé vaut bien plus que le kWh revendu.
  • La batterie de la voiture absorbe un surplus qu'aucun appareil de la maison ne pourrait utiliser.
  • Le mode mixte et le complément en heures creuses garantissent une voiture chargée.

Limites

  • Inutile si la voiture n'est presque jamais là en journée.
  • Seuil de 1,4 kW difficile à atteindre avec moins de 3 kWc.
  • Compatibilité à vérifier entre borne, pince et onduleur.

Aides et TVA en 2026

La prime à l'autoconsommation est supprimée pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. Les dossiers déposés avant cette date conservent le barème précédent, soit 80 € par kWc jusqu'à 9 kWc. Pour les nouvelles demandes, le surplus est racheté 0,011 € HT par kWh, sur un contrat de 20 ans.

Côté TVA, les panneaux sont à 5,5 % depuis le 1er octobre 2025 pour une installation de 9 kWc au plus, posée par une entreprise, avec des modules à faible empreinte carbone et un gestionnaire d'énergie qui pilote au moins deux usages. Sinon, 20 %.

La batterie domestique reste à 20 %.

La borne de recharge, elle, est à 5,5 % de TVA si elle est fournie et posée par un professionnel qualifié IRVE, dans une maison neuve ou ancienne. Le crédit d'impôt ne s'applique plus aux dépenses payées en 2026, et la prime Advenir ne concerne pas les maisons individuelles. Le détail figure dans nos pages TVA d'une borne de recharge et aides à la borne de recharge.

Ce que dit la loi

Pour les installations photovoltaïques sur bâtiment de 100 kWc au plus dont la demande complète de raccordement est déposée depuis le 5 juin 2026, la prime à l'investissement en autoconsommation n'est plus versée et le tarif d'achat du surplus est fortement réduit. Les demandes déposées avant cette date restent soumises à l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021.

Arrêté tarifaire photovoltaïque du 1er juin 2026 (installations sur bâtiment de 100 kWc au plus), applicable aux demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026

Bien régler sa recharge solaire

  • Faites poser la pince de mesure sur l'arrivée générale, en amont de tous les circuits, sinon la borne mesure mal le surplus.
  • Choisissez une borne monophasée de 7,4 kW si votre installation fait moins de 9 kWc : elle module entre 1,4 et 7,4 kW, ce qui couvre toute la plage utile.
  • Programmez un complément en heures creuses pour les jours sans soleil, et un seul réglage horaire à la fois, dans la borne ou dans la voiture.
  • Branchez la voiture dès que vous rentrez, même peu déchargée : une batterie à 60 % absorbe encore le surplus du lendemain.

Pilotage, délestage et autres fonctions sont détaillés dans borne connectée et pilotable. Pour le coût de la pose, voir prix de l'installation d'une borne.

Questions fréquentes

Peut-on recharger une voiture électrique avec des panneaux solaires ?

Oui, avec une borne à mode solaire qui mesure le surplus de production et l'envoie dans la voiture. La recharge ne démarre qu'à partir d'environ 1,4 kW de surplus en monophasé. La voiture doit être branchée en journée, ce qui limite souvent la part solaire pour un actif absent la semaine.

Combien de kilomètres avec 3 kWc de panneaux solaires ?

Par une belle journée d'été, une installation de 3 kWc envoie de l'ordre de 8 à 11 kWh dans la voiture en mode 100 % solaire, soit 40 à 60 km pour une voiture qui consomme 17 kWh aux 100 km. En hiver, le seuil de 1,4 kW est à peine atteint et la recharge solaire devient marginale.

Borne de recharge solaire, rentable ou pas ?

Elle l'est si la voiture est souvent branchée en journée. Avec un rachat du surplus à 0,011 € par kWh, chaque kWh solaire envoyé dans la voiture fait économiser environ 0,15 € par rapport aux heures creuses. Le surcoût de 300 à 500 € d'une borne à mode solaire se rembourse alors en 2 à 4 ans, mais en 4 à 10 ans si la voiture n'est là que le week-end.

La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?

Non pour les nouveaux projets : elle a été supprimée pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. Les dossiers déposés avant cette date conservent le barème de 80 € par kWc jusqu'à 9 kWc. Le surplus des nouvelles installations est racheté 0,011 € HT par kWh.

Quelle borne de recharge choisir avec des panneaux solaires ?

Une borne monophasée de 7,4 kW à mode solaire, compatible avec votre onduleur ou équipée de sa propre pince de mesure. Elle module sa puissance entre 1,4 et 7,4 kW. En triphasé, vérifiez qu'elle sait basculer en monophasé, sinon elle ne démarre qu'à environ 4,2 kW de surplus.

Quelle TVA pour une borne et des panneaux solaires ?

La borne bénéficie de la TVA à 5,5 % si un professionnel qualifié IRVE la fournit et la pose, dans une maison neuve ou ancienne. Les panneaux de 9 kWc au plus sont à 5,5 % depuis le 1er octobre 2025, sous conditions de matériel bas carbone et de gestionnaire d'énergie. Sinon, le taux est de 20 %.

Sources et textes de référence

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