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Faire voter des bornes de recharge en assemblée générale

Mis à jour le par la rédaction

La borne qu'un résident fait poser en droit à la prise ne se vote pas. Une infrastructure collective, si : majorité simple de l'article 24 quand un opérateur ou Enedis la finance sans frais pour le syndicat, majorité absolue de l'article 25 quand la copropriété paie les travaux. Comptez 6 à 14 mois entre le recensement des besoins et la première borne.

Ce qui se vote et ce qui ne se vote pas

Une demande en droit à la prise n'a pas à être soumise au vote. L'assemblée n'a rien à autoriser. À l'inverse, tout projet porté par le syndicat sur les parties communes passe par un vote, avec une majorité qui dépend de qui paie.

Schéma d'une infrastructure collective de recharge en copropriété : point de livraison dédié, colonne horizontale au plafond du parking et dérivation vers chaque place
Infrastructure collective : une colonne horizontale dessert tout le parking, chaque résident raccorde ensuite sa place quand il le souhaite.
Bornes de recharge : vote ou simple information
DécisionVote en AGMajoritéTexte
Borne individuelle d'un résident sur sa place privative (droit à la prise)Non, information à la prochaine assembléeAucuneCCH, art. L113-16
Réalisation de l'étude d'adéquation des installations électriquesOuiArticle 24Loi du 10 juillet 1965, art. 24 et 24-5
Décision d'équiper de bornes les places privatives d'accès sécuriséOuiArticle 24Art. 24
Convention avec un opérateur ou avec Enedis, sans aucun coût pour le syndicatOuiArticle 24Art. 24-5-1
Installations électriques alimentant les places et comptage individuel, payés par la copropriétéOuiArticle 25, puis second vote à l'article 24 si au moins un tiers des voixArt. 25 et 25-1

Ce que dit la loi

La décision d'équiper de bornes de recharge les places de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif se prend à la majorité des voix exprimées. Le syndic doit inscrire à l'ordre du jour la question de l'étude des installations électriques existantes, tranchée à la même majorité. L'installation ou la modification des installations électriques qui alimentent ces places, avec comptage individuel, relève de la majorité des voix de tous les copropriétaires ; si le projet recueille au moins le tiers de ces voix, un second vote immédiat à la majorité des voix exprimées est possible.

Articles 24, 24-5, 25 et 25-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965

En pratique, dès que le syndicat finance lui-même les travaux électriques du parking, prévoyez la majorité de l'article 25 dans la résolution, faute de quoi la décision devient contestable. Le cadre complet est posé dans la réglementation des bornes en copropriété.

Exemple de décompte des voix

Dans un immeuble de 1 000 tantièmes, les copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance totalisent 600 tantièmes. 380 votent pour, 180 contre, 40 s'abstiennent.

  • Résolution à l'article 24 (convention avec un opérateur sans frais) : les abstentions ne comptent pas, 380 voix pour contre 180. Elle est adoptée.
  • Résolution à l'article 25 (travaux payés par la copropriété) : il faut plus de 500 voix sur les 1 000 de l'immeuble. Avec 380, elle est rejetée. Mais 380 dépasse le tiers des voix de tous les copropriétaires (un peu plus de 333), donc un second vote a lieu immédiatement à la majorité de l'article 24, où elle passe.

L'étude préalable : obligatoire à l'ordre du jour, pas toujours à commander

Dans un immeuble qui possède des places privatives d'accès sécurisé sans installation de recharge, le syndic doit inscrire à l'ordre du jour la question d'une étude sur l'adéquation des installations électriques existantes. La loi d'orientation des mobilités fixait l'échéance au 1er janvier 2023. Si votre syndic ne l'a jamais proposée, n'importe quel copropriétaire peut en demander l'inscription.

L'obligation porte sur l'inscription de la question, pas sur la commande de l'étude, que l'assemblée peut refuser. Un opérateur ou Enedis font de toute façon leur propre étude avant de chiffrer. Celle de la copropriété sert surtout si le syndicat finance lui-même les travaux, ou pour comparer les offres sur une base neutre.

Bon à savoir : la conception d'une installation qui crée au moins 4 points de recharge dans un immeuble d'habitation collectif exige une étude préalable réalisée par une entreprise titulaire de la qualification IRVE « études ». Demandez le certificat du bureau d'études ou de l'installateur avant de voter son devis.

Faire inscrire la question à l'ordre du jour

Tout copropriétaire, ou le conseil syndical, peut demander au syndic d'inscrire une question à l'ordre du jour, à tout moment, par lettre recommandée avec avis de réception. Le syndic ne peut pas juger de l'opportunité de la demande. Il doit l'inscrire.

Un locataire passe par son propriétaire.

La demande doit parvenir au syndic avant l'envoi des convocations, qui partent au moins 21 jours avant l'assemblée. Une demande tardive est reportée à l'assemblée suivante. Joignez à votre lettre le projet de résolution, obligatoire pour les décisions soumises à une majorité particulière comme celle de l'article 25. S'il s'agit de travaux sur les parties communes, ajoutez un document qui précise leur localisation et leur détail.

Les pièces à joindre à la convocation

Le décret du 17 mars 1967 impose de joindre à la convocation les devis, les documents nécessaires à la validité de la décision et le formulaire de vote par correspondance. Pour convaincre des copropriétaires sans voiture électrique, ce minimum ne suffit pas.

Le dossier d'un projet de bornes de recharge
PièceStatutCe qu'elle apporte au vote
Projet de résolutionÀ joindre dans tous les casFixe la solution, le prestataire, la majorité et le coût pour le syndicat
Devis des travauxObligatoirePlusieurs devis si l'assemblée a fixé un seuil de mise en concurrence
Projet de convention de l'opérateur ou convention de préfinancement d'EnedisIndispensable pour un vote sans fraisDurée, propriété des équipements, conditions de sortie
Grille de prix pour les résidentsRecommandéeCoût de raccordement, abonnement éventuel, prix du kWh
Tableau comparatif du conseil syndicalRecommandéMet côte à côte au moins deux montages différents
Rapport d'étude électriqueSi elle a été réaliséePuissance disponible, nombre de places raccordables
Résultat du recensement des besoinsRecommandéMontre combien de résidents attendent une solution
Plan de financement et calendrier AdvenirSi la copropriété paiePrime demandée avant les travaux, reste à charge par lot

Pour la solution du réseau public, Enedis demande que la copropriété ait sollicité deux offres, l'une d'un opérateur privé et l'autre d'Enedis, avant que l'assemblée ne décide. Les montages possibles sont comparés dans opérateurs de recharge en copropriété.

Modèles de projets de résolution

Ces modèles sont indicatifs : adaptez-les avec votre syndic à la solution retenue et au règlement de copropriété, en remplaçant chaque mention entre parenthèses.

Résolution 1 : réalisation de l'étude (majorité de l'article 24)

L'assemblée générale, après avoir pris connaissance des devis joints à la convocation, décide de faire réaliser une étude portant sur l'adéquation des installations électriques existantes de l'immeuble aux équipements de recharge des véhicules électriques et hybrides rechargeables. Elle retient la proposition de la société (nom), pour un montant de (montant) € TTC, réparti selon (clé de répartition). L'étude indiquera la puissance disponible, le nombre de places raccordables, les travaux nécessaires et l'intérêt d'un pilotage de la charge.

Résolution 2 : infrastructure sans frais pour le syndicat (majorité de l'article 24)

L'assemblée générale, après avoir pris connaissance des offres comparées jointes à la convocation, décide de faire installer dans le parking une infrastructure collective de recharge permettant d'équiper à terme les (nombre) places de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif. Elle approuve la convention annexée avec (nom de l'opérateur), d'une durée de (durée) ans, par laquelle l'opérateur préfinance l'intégralité des travaux et se rémunère auprès des seuls utilisateurs, sans aucun coût pour le syndicat des copropriétaires. Elle prend acte des conditions proposées aux résidents annexées à la convention et autorise le syndic à la signer.

Avec Enedis, remplacez la convention de l'opérateur par l'approbation de la proposition technique et financière d'Enedis, et indiquez le nombre de places équipées lors des premiers travaux.

Résolution 3 : travaux financés par la copropriété (majorité de l'article 25)

L'assemblée générale décide de faire réaliser les travaux d'installation électrique permettant l'alimentation des places de stationnement d'accès sécurisé à usage privatif pour la recharge des véhicules électriques, avec comptage individuel, selon le devis de la société (nom), qualifiée IRVE, pour (montant) € TTC. Elle charge le syndic de déposer la demande de prime Advenir avant tout commencement des travaux, puis de signer le marché. Le coût est réparti selon (clé de répartition) et appelé en (nombre) échéances.

Attention : une résolution qui se contente d'un « accord de principe » ne permet ni de signer une convention ni de lancer des travaux, et oblige souvent à revoter l'année suivante. Si l'assemblée donne mandat au conseil syndical pour négocier, fixez un plafond et des critères précis ; le guide de l'Avere-France écarte ce mandat pour la solution d'Enedis, dont la proposition doit être approuvée en assemblée.

Le calendrier type : de 6 à 14 mois

Frise du calendrier d'un projet collectif de bornes en copropriété, du recensement des besoins à la mise en service après l'assemblée générale
Projet collectif : recensement environ 6 mois avant l'assemblée, 2 mois de délai de recours après le vote, puis une première borne 3 à 8 mois après l'AG.
  1. 3 à 6 mois avant l'AG : recenser Questionnaire aux résidents sur les voitures électriques actuelles et prévues, propriétaires comme locataires.
  2. Dans la foulée : collecter les offres Visites techniques, offres d'opérateurs, d'Enedis et d'installateurs IRVE, éventuelle étude électrique.
  3. 1 à 2 mois avant l'AG : préparer le vote Le conseil syndical compare, rédige le projet de résolution et transmet la demande d'inscription au syndic avant l'envoi des convocations.
  4. Au moins 21 jours avant l'AG : convoquer Le syndic envoie la convocation avec les devis, la convention et le comparatif.
  5. Après l'AG : 2 mois de recours Les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent contester la décision dans les 2 mois suivant la notification du procès-verbal.
  6. Ensuite : travaux Avec Enedis, l'infrastructure est installée au plus tard 6 mois après la signature de la convention. Avec un opérateur, l'Avere-France estime la mise en service d'une première borne entre 3 et 8 mois après l'AG.

Exemple : recensement en janvier, assemblée en juin, premières bornes entre la rentrée et le début de l'année suivante. Une assemblée spéciale entraîne des frais, mais peut faire gagner un an.

Si la résolution est rejetée

Le rejet n'empêche aucun résident de faire poser une borne à ses frais sur sa place, selon la procédure du droit à la prise. Pour l'assemblée suivante, renforcez le dossier : demandes recensées, coût chiffré par résident, réponses écrites aux objections.

Pour chiffrer le coût par résident selon le montage, voyez le prix d'une borne en copropriété. La préparation du dossier, elle, est reprise pas à pas dans le guide du syndic et du conseil syndical.

Questions fréquentes

Quelle majorité pour voter une borne de recharge en assemblée générale ?

Une infrastructure collective financée par un opérateur ou par Enedis, sans aucun coût pour le syndicat, se vote à la majorité simple de l'article 24, calculée sur les voix exprimées. Si la copropriété paie les travaux électriques, il faut la majorité absolue de l'article 25, avec un second vote possible à l'article 24 si la résolution a recueilli au moins un tiers des voix.

Ma borne sur ma place doit-elle passer en AG ?

Non, si vous passez par le droit à la prise : vous notifiez votre projet au syndic par lettre recommandée et l'assemblée en est seulement informée. Seuls les projets portés par le syndicat sur les parties communes, comme une infrastructure collective, passent au vote.

Comment faire inscrire les bornes de recharge à l'ordre du jour de l'AG ?

Envoyez au syndic une lettre recommandée avec avis de réception demandant l'inscription de la question, avec le projet de résolution et, pour des travaux, un document précisant leur localisation et leur détail. La demande doit arriver avant l'envoi des convocations, sinon elle passe à l'assemblée suivante.

L'étude des installations électriques est-elle obligatoire en copropriété ?

Le syndic doit inscrire la question de cette étude à l'ordre du jour dans les immeubles qui ont des places privatives sécurisées sans recharge. L'assemblée décide ensuite, à la majorité de l'article 24, de la commander ou non. Un opérateur ou Enedis réalisent de leur côté une étude avant de chiffrer leur offre.

Combien de temps entre le vote et l'installation des bornes ?

Comptez d'abord 2 mois de délai de recours après la notification du procès-verbal. Avec Enedis, l'infrastructure est posée au plus tard 6 mois après la signature de la convention. Avec un opérateur, l'Avere-France estime la première borne en service 3 à 8 mois après l'assemblée.

Sources et textes de référence

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