Installer une borne de recharge en copropriété, seul ou à plusieurs
Mis à jour le par la rédaction
En copropriété, vous avez le choix entre la borne individuelle par le droit à la prise (1 500 à 3 500 € avant aide, sans vote), des bornes partagées sur des places communes et une infrastructure collective qui peut ne rien coûter au syndicat. Tout dépend du nombre de places, et du nombre de voisins intéressés.
Trois façons d'équiper un parking de copropriété
Dans un immeuble, une borne ne se branche pas sur la prise du local vélos. Il faut une ligne électrique dédiée jusqu'à la place, des protections adaptées et un comptage de l'énergie pour la facturer à celui qui recharge. Trois organisations répondent à ces contraintes, avec des coûts et des délais très différents.
1. La borne individuelle, par le droit à la prise
Un résident fait poser une borne sur sa place privative, à ses frais, par l'installateur de son choix. Il n'a pas besoin d'un vote : il notifie son projet au syndic, qui ne peut s'y opposer qu'en saisissant le tribunal pour un motif sérieux et légitime.
C'est la voie la plus rapide pour les premiers conducteurs électriques de l'immeuble.
2. Les bornes partagées
La copropriété installe une ou plusieurs bornes sur des places communes. Les résidents qui roulent en électrique y rechargent à tour de rôle et paient leur consommation. Ce montage convient aux parkings sans places attribuées et aux résidences où la demande reste faible.
3. L'infrastructure collective
Une alimentation électrique est tirée dans tout le parking, avec des dérivations prêtes à desservir chaque place. Chaque résident intéressé fait ensuite poser sa borne au moment où il en a besoin. Financée par un opérateur, par Enedis ou par Logivolt, elle peut ne rien coûter au syndicat, mais elle passe par un vote en assemblée générale.
Le comparatif des trois solutions
| Critère | Borne individuelle (droit à la prise) | Bornes partagées | Infrastructure collective |
|---|---|---|---|
| Coût pour le résident | 1 500 à 3 500 € TTC avant aide, selon la distance et le raccordement | Le prix de ses recharges (au kWh ou à la session) | Avec un opérateur : borne à partir d'environ 600 € et abonnement mensuel. Avec Enedis : quote-part de raccordement, puis borne et pose |
| Coût pour la copropriété | Aucun | L'investissement voté, aidé par Advenir à 50 % dans la limite de 1 660 € HT par point | Aucun avec un opérateur, Enedis ou Logivolt. Sinon, investissement aidé par Advenir |
| Vote en AG | Non, simple information à la prochaine assemblée | Oui, travaux décidés par l'assemblée | Oui : majorité de l'article 24 si l'opération ne coûte rien au syndicat, de l'article 25 sinon |
| Délai indicatif | 2 mois et demi à 5 mois et demi pour un propriétaire selon l'Avere-France, dont 3 mois de délai d'opposition | Date de la prochaine AG, 2 mois de délai de recours, puis les travaux | 3 à 8 mois après l'AG pour une première borne, puis 4 à 8 semaines par nouvelle demande (estimations Avere-France) |
| Abonnement | Non : énergie refacturée via un sous-compteur ou payée sur votre propre compteur | Selon l'exploitant : paiement à la recharge, badge ou abonnement | En général oui avec un opérateur. Avec Enedis, pas d'abonnement opérateur mais un contrat d'électricité sur le compteur de la place |
| Adapté à | Un ou quelques résidents, petit parking | Places non attribuées, besoins ponctuels | Parking de plus de 10 places attitrées, demandes nombreuses à venir |
Quelle solution pour votre immeuble ?
L'Avere-France, qui porte le programme Advenir, donne des repères simples. En dessous de 10 places, des raccordements individuels sur les services généraux suffisent souvent. Au-delà de 10 places attitrées, mieux vaut étudier une infrastructure collective. Quand les places ne sont pas attribuées, la borne partagée est la réponse logique.
Le nombre de demandes compte autant que la taille du parking. Chaque borne en droit à la prise tire sa propre ligne. Quand les demandes se multiplient, les câbles s'additionnent dans les mêmes cheminements et la puissance des services généraux finit par manquer. Dans une réponse ministérielle publiée le 18 octobre 2022, le gouvernement le résume ainsi : le droit à la prise convient aux premiers points de recharge, l'infrastructure collective réduit ensuite les coûts et les délais de connexion.
Avant de vous lancer seul, demandez donc au syndic le procès-verbal de la dernière assemblée. Si un équipement collectif a été voté et doit être réalisé dans un délai raisonnable, le syndicat peut s'opposer à votre demande individuelle, et mieux vaut attendre la dérivation de votre place.
La borne individuelle en droit à la prise
Vous choisissez un installateur qualifié IRVE, qui visite le parking, repère le point de raccordement et prépare trois pièces : un descriptif détaillé des travaux, un plan technique d'intervention et un schéma de raccordement électrique. Vous les adressez au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception.
Sans saisine du tribunal dans les 3 mois, les travaux peuvent commencer.
Deux branchements sont possibles. Le plus courant part du tableau des services généraux, avec un sous-compteur qui mesure votre consommation : le syndic vous la refacture. L'autre solution relie la borne à un compteur individuel, celui de votre logement ou un point de livraison dédié créé par Enedis, et la consommation arrive alors directement sur votre facture.
Ce que dit la loi
Un copropriétaire, un locataire ou un occupant de bonne foi peut faire équiper à ses frais sa place privative d'accès sécurisé d'une installation de recharge dotée d'un comptage individuel. Le syndicat ne peut s'y opposer que s'il justifie d'un motif sérieux et légitime.
Article L113-16 du Code de la construction et de l'habitation
Délais et recours sont détaillés dans notre dossier droit à la prise en copropriété. Si vous êtes locataire, la demande passe par votre propriétaire : voir notre guide borne de recharge pour les locataires.
Les bornes partagées
La copropriété achète et fait installer les bornes sur des places qui restent communes. Un exploitant gère l'accès (badge, application) et facture les recharges aux utilisateurs. L'aide Advenir couvre 50 % des coûts éligibles dans la limite de 1 660 € HT par point, avec des bonus pour les équipements électriques dédiés, la voirie et le cheminement des câbles (jusqu'à 8 000 €), pour la création d'un nouveau point de livraison (3 000 €) et pour les nouveaux raccordements au réseau public (50 % des coûts, dans la limite de 3 000 €).
La limite tient à l'usage : une borne partagée par plusieurs voitures oblige à libérer la place après la recharge. Elle dépanne bien les résidents qui roulent peu, beaucoup moins ceux qui ont besoin de recharger chaque nuit.
L'infrastructure collective
C'est la solution qui prépare l'immeuble pour les dix ou vingt prochaines années. Une fois l'alimentation posée dans le parking, chaque place peut être raccordée à la demande, sans nouvelle procédure lourde.
Quatre montages existent. Un opérateur privé finance et installe l'infrastructure, puis se rémunère auprès des utilisateurs, en général par un abonnement. Enedis peut préfinancer une extension du réseau public dans le parking : chaque place reçoit son compteur Linky et chaque utilisateur choisit son fournisseur d'électricité. Logivolt, filiale de la Banque des Territoires, finance la totalité de l'infrastructure, confiée à un opérateur partenaire, et seuls les utilisateurs paient. Enfin, la copropriété peut financer elle-même les travaux, avec l'aide Advenir.
Les offres d'opérateurs diffèrent surtout par la durée de la convention, le prix de l'abonnement et la liberté laissée au résident de choisir sa borne. Notre comparatif des opérateurs de recharge en copropriété met leurs conditions côte à côte.
Ce que dit la loi
La convention qui confie à un opérateur, ou à Enedis en tant que gestionnaire du réseau public, la création d'une infrastructure collective sans aucune dépense pour le syndicat s'adopte à la majorité simple de l'assemblée générale, calculée sur les seules voix exprimées.
Articles 24 et 24-5-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965
Le choix entre ces montages se prépare en conseil syndical, avec plusieurs offres comparables. Notre guide pour le syndic et le conseil syndical détaille la méthode, et la page réglementation des bornes en copropriété fait le point sur les majorités de vote.
Une borne de recharge en copropriété sans abonnement, c'est possible
L'abonnement mensuel est la contrepartie des offres d'opérateurs qui financent l'infrastructure. Si vous préférez ne payer que l'énergie consommée, il faut sortir de ce modèle, ce que permet le droit à la prise.
Ce que coûte un abonnement opérateur
Les grilles publiées par les opérateurs de recharge en copropriété proposent en général deux formules. La première associe un abonnement fixe d'environ 13 à 15 € par mois, parfois réduit la première année, et l'électricité facturée au kWh. La seconde est un forfait tout compris d'environ 35 à 65 € par mois selon le kilométrage prévu. Faites le calcul : un abonnement fixe de 13 € par mois représente 156 € par an, soit 1 560 € sur dix ans, avant la moindre recharge. Cette somme peut se justifier si l'abonnement inclut la maintenance et l'assistance : faites préciser son contenu avant de comparer.
Payer seulement l'énergie
En droit à la prise sur les services généraux, avec un sous-compteur, vous ne payez que les kWh relevés, au prix du contrat d'électricité de la copropriété, refacturés par le syndic. Raccordée au compteur de votre logement, la borne ajoute sa consommation à votre facture habituelle. Vérifiez alors la puissance souscrite, car une hausse renchérit l'abonnement d'électricité (voir abonnement et puissance du compteur). Troisième possibilité, le point de livraison individuel : compteur dédié créé par Enedis, ou raccordement à une infrastructure du réseau public. Vous souscrivez un contrat chez le fournisseur de votre choix, avec une part fixe d'électricité mais aucun frais de service d'opérateur.
Attention : « sans abonnement » ne veut pas dire sans frais. La borne, sa pose et son entretien restent à votre charge, et un raccordement long dans un sous-sol peut coûter plus cher qu'une offre d'opérateur. Comparez le coût total sur plusieurs années, pas seulement le prix d'entrée.
Les aides en 2026
1 000 € HT plafond de la prime Advenir pour une borne individuelle en copropriété (50 % des coûts éligibles HT)
1 660 € HT plafond Advenir par point de recharge partagé
12 500 € HT plafond Advenir pour une infrastructure collective jusqu'à 100 places (projets votés en AG depuis le 1er avril 2026)
5,5 % TVA sur une borne individuelle fournie et posée par un professionnel IRVE
La prime se demande sur la plateforme Advenir à partir de l'offre labellisée d'un installateur qualifié IRVE, en général par l'installateur lui-même, et l'offre de prime doit être signée avant le début des travaux. Elle porte sur les coûts éligibles, la borne et sa liaison électrique jusqu'au premier tableau, et elle est versée après les travaux, sur justificatifs. Le crédit d'impôt pour borne de recharge n'existe plus : aucune dépense payée en 2026 n'y ouvre droit.
Tous les montants sont détaillés sur la page prime Advenir.
Par où commencer quand on est copropriétaire
- Interroger le syndic Demandez si un projet collectif est voté ou à l'étude, et si l'étude de l'installation électrique a été faite. La réponse oriente tout le reste.
- Faire visiter le parking Un installateur IRVE repère le point de raccordement le plus proche, mesure les distances et vérifie la puissance disponible.
- Comparer plusieurs devis Les écarts sont importants en copropriété, surtout sur le cheminement des câbles. Avec trois offres en main, un prix anormal saute aux yeux.
- Choisir la voie Droit à la prise si vous êtes seul ou presque, demande d'inscription à l'ordre du jour de l'AG si plusieurs voisins sont intéressés.
- Déposer la demande Advenir Une fois le devis signé et avant tout début de travaux : l'offre de prime doit être signée avant que le chantier commence, faute de quoi la prime est perdue.
Pour chiffrer votre budget poste par poste, voir prix d'une borne en copropriété.
Questions fréquentes
Peut-on installer une borne de recharge en copropriété sans l'accord de l'AG ?
Oui, grâce au droit à la prise. Vous notifiez votre projet au syndic par lettre recommandée avec trois pièces techniques, et l'assemblée générale en est seulement informée, sans vote. Le syndicat ne peut s'opposer qu'en saisissant le tribunal judiciaire dans les 3 mois, pour un motif sérieux et légitime.
Qui paie l'électricité d'une borne de recharge en copropriété ?
Toujours l'utilisateur. Si la borne est raccordée aux services généraux, un sous-compteur mesure sa consommation et le syndic la lui refacture. Si elle est reliée au compteur du logement ou à un compteur dédié, la consommation figure directement sur sa facture d'électricité.
Combien coûte une borne de recharge en copropriété ?
Pour une borne individuelle posée en droit à la prise, comptez en général 1 500 à 3 500 € TTC avant aide, selon la distance jusqu'au point de raccordement. La prime Advenir rembourse 50 % des coûts éligibles dans la limite de 1 000 € HT. Avec un opérateur, la borne démarre vers 600 € mais un abonnement mensuel s'ajoute.
Combien de temps pour installer une borne en copropriété ?
En droit à la prise, l'Avere-France estime le délai à 2 mois et demi à 5 mois et demi pour un propriétaire, dont les 3 mois pendant lesquels le syndic peut s'opposer. Avec une infrastructure collective, comptez 3 à 8 mois après l'assemblée générale pour une première borne, puis 4 à 8 semaines par nouvelle demande.
Quelle solution choisir pour équiper un parking de copropriété ?
L'Avere-France conseille des raccordements individuels en droit à la prise pour les parkings de moins de 10 places, une infrastructure collective au-delà de 10 places attitrées et des bornes partagées quand les places ne sont pas attribuées. Le nombre de résidents intéressés dans les prochaines années compte autant que la taille du parking.
Comment avoir une borne de recharge en copropriété sans abonnement ?
Passez par le droit à la prise avec un raccordement aux services généraux et un sous-compteur, ou sur le compteur de votre logement : vous ne payez que l'énergie. Un compteur individuel dédié évite aussi les frais d'opérateur, mais implique un contrat d'électricité avec sa part fixe.
Quelle aide pour une borne en copropriété en 2026 ?
La prime Advenir finance 50 % des coûts éligibles d'une borne individuelle dans la limite de 1 000 € HT, 50 % d'un point partagé dans la limite de 1 660 € HT et 50 % de l'infrastructure collective, jusqu'à 12 500 € HT pour 100 places. La TVA est à 5,5 % pour une borne individuelle fournie et posée par un professionnel IRVE. Le crédit d'impôt a pris fin le 31 décembre 2025.
Sources et textes de référence
- Primes et montants d'aides, programme Advenir advenir.mobi
- Évolution des barèmes des primes pour la recharge dans le résidentiel collectif, Advenir advenir.mobi
- Prime Infrastructure collective, programme Advenir advenir.mobi
- Recharge en copropriété : le droit à la prise, Avere-France avere-france.org
- Syndic professionnel ou bénévole, les solutions pour installer des points de recharge, Enedis enedis.fr
- Règles de vote en assemblée générale de copropriété, service-public.gouv.fr service-public.gouv.fr
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